Longues nuits d’hiver : un Belge sur trois laisse une clé à portée des cambrioleurs
Une enquête de Verisure1 réalisée par iVOX révèle que des habitudes quotidiennes augmentent fortement le risque d’intrusion

Bruxelles, 21 octobre 2025 – Alors que les journées raccourcissent et que les maisons plongent plus tôt dans l’obscurité, les cambrioleurs trouvent davantage d’occasions pour agir. C’est précisément dans ce contexte que l’enquête réalisée par iVOX pour le compte de Verisure – leader du marché des systèmes d’alarme avec télésurveillance pour les particuliers et les PME – révèle que des habitudes banales, comme laisser sa porte déverrouillée ou cacher une clé sous le paillasson, continuent de faciliter l’accès aux intrus. Ces comportements en apparence anodins prennent une ampleur particulière à l’entrée de la saison la plus critique.
- 43 % laissent parfois leur porte déverrouillée et 17 % le font même régulièrement.
- Un tiers des Belges cache une clé de rechange dans des lieux non sécurisés à proximité de leur logement.
- Chez 16 % des victimes d’un cambriolage par la porte d’entrée, c’est une clé de rechange qui a permis l’intrusion.
- Les habitants attribuent une note moyenne de 6,8/10 à la sécurité de leur porte d’entrée, alors qu’elle est utilisée dans 34 % des intrusions.
- Seuls 5 % disposent d’une serrure connectée mais 1 Belge sur 5 envisage d’en installer une.
Des habitudes banales mais à haut risque
Cacher un double de clé dans un pot de fleurs ou sous le paillasson, laisser la porte déverrouillée “juste pour quelques minutes”, ou encore se contenter d’une simple serrure standard… autant de gestes que beaucoup de Belges jugent pratiques. Pourtant, l’enquête révèle que 43 % admettent laisser leur porte déverrouillée de temps à autre et qu’un tiers continue à dissimuler une clé de rechange dans des lieux faciles à deviner pour un cambrioleur : un garage ou un abri non verrouillé (33 %), la boîte aux lettres (19 %), un pot de fleurs (17 %) ou encore sous le paillasson (9 %).
Derrière ces gestes en apparence anodins se cachent en réalité des risques élevés d’intrusion – plus particulièrement à l’approche des longues nuits d’hiver, période la plus propice aux cambriolages. D’après la police2, on remarque un pic notable des effractions entre octobre et décembre.
Des clés qui circulent largement
À ces comportements s’ajoute une forte circulation de doubles de clés. Près de neuf Belges sur dix (88 %) en confient à une autre personne – le plus souvent à un membre de la famille (74 %), mais aussi à des voisins (19 %) ou à des aides ménagères (5 %). Plus inquiétant encore, 6 % reconnaissent qu’une personne de leur passé (ex-conjoint, ancien colocataire, prestataire de services…) possède toujours un accès à leur logement. Dans 12 % des cas, une clé a même été perdue ou prêtée sans jamais être rendue.
Le constat est d’autant plus frappant que chez une victime sur six ayant déjà subi un cambriolage par la porte d’entrée (16 %), c’est précisément une clé de rechange qui a permis aux cambrioleurs de s’introduire dans le logement.
Des portes d’entrées encore trop vulnérables
L’enquête révèle également un décalage entre le sentiment de sûreté et la réalité. En effet, deux Belges sur trois (66 %) estiment que leur logement est peu exposé aux cambriolages – y compris parmi ceux qui en ont déjà été victimes (un sur trois). Par ailleurs, les habitants attribuent en moyenne une note de 6,8/10 à la sécurité de leur porte d’entrée, alors qu’elle reste en réalité un point faible : elle est utilisée dans plus d’un tiers des cambriolages (34 %).
Si près de la moitié des foyers belges disposent aujourd’hui d’une serrure multipoints (46 %), près de trois sur dix (29 %) se contentent encore d’une serrure standard, plus facile à forcer. Les chiffres le confirment : 46 % des victimes déclarent que leur serrure a été forcée ou cassée, et 23 % qu’elle a été crochetée.
L’émergence de solutions modernes
Les habitudes quotidiennes risquées et la vulnérabilité des portes d’entrée classiques peuvent expliquer pourquoi certains Belges se tournent vers des solutions plus modernes. Aujourd’hui, 5 % des Belges déclarent être équipés d’une serrure connectée, un dispositif qui permet de contrôler l’accès à distance via son smartphone. De plus, l’intérêt pour cette technologie est en croissance : un Belge sur cinq (21 %) envisage d’en installer une. Cependant, les différences régionales sont nettes, avec 25 % des néerlandophones prêts à franchir le pas, contre 16 % des francophones.
La sécurité commence plus que jamais par la porte d’entrée
“Notre enquête montre que de nombreux foyers ne disposent pas encore des dispositifs les plus adaptés pour sécuriser leur porte d’entrée, alors même qu’il s’agit de l’accès le plus souvent utilisé lors des cambriolages”, souligne Vincent Rousseau, directeur général de Verisure Belgique. “À l’approche des longues soirées d’automne et d’hiver, la sécurité commence plus que jamais par la porte d’entrée : investir dans une serrure plus robuste et connectée, c’est réduire considérablement les risques d’intrusion et garder un véritable sentiment de sérénité chez soi.”
L'avis de l'expert : un décalage entre perception et réalité
Pour Vincent Seron, criminologue et expert en sécurité privée à l’Université de Liège, les chiffres de l'enquête illustrent un décalage psychologique bien connu entre la perception du danger et la réalité :
"Ces chiffres ne sont pas si surprenants. Pour beaucoup de personnes, se faire cambrioler ne fait pas spécifiquement partie du champ des possibles ; ce sont des situations auxquelles elles ne s'imaginent pas être confrontées", explique-t-il. "À cela s'ajoute une forme de banalisation du risque dans nos sociétés. À force de voir du danger partout, on observe une réduction de la vigilance."
Cette complaisance est particulièrement dangereuse, car les victimes d'un premier cambriolage ont tendance à sous-estimer la probabilité d'une récidive.
"Beaucoup pensent : 'ça m'est arrivé une fois, il y a peu de chances que je sois encore victime'. C'est une erreur. Les études en criminologie démontrent qu'il y a des phénomènes de victimisation répétée pour les vols dans les habitations", prévient Vincent Seron.
Il conclut en soulignant l'importance d'une approche globale, car les cambrioleurs savent s'adapter.
"Il faut avoir une vision globale de la sécurité de son habitation. Si on renforce uniquement le point d'entrée utilisé lors d'une première infraction, le cambrioleur trouvera un autre point faible."
1 Étude en ligne réalisée par l’institut d’études iVOX pour le compte de Verisure, entre le 21 août et le 1er septembre,auprès de 1000 Belges représentatifs en termes de langue, de sexe, d’âge et de diplôme. La marge d’erreur maximale pour un échantillon de 1000 Belges est de 3,02 %.